Les 4 règles de l’argent de poche intelligent

argent de poche

Combien et à quel âge peut-on commencer à donner de l’argent de poche à un enfant ?

Plusieurs facteurs vont rentrer en ligne de compte. La culture du pays, les habitudes générationnelles, les moyens financiers, le nombre d’enfants et la relation des parents à l’argent.

Dans la plupart des pays du monde l’argent de poche reste un luxe. Bien des enfants sur cette planète n’ont même pas de quoi se nourrir correctement alors accéder directement à l’argent n’en parlons pas.

Pour les autres pays plus riches ils existent des habitudes culturelles qui font que ce ne sera que lors des occasions, comme les fêtes, que l’enfant recevra de l’argent, en général mis sur un compte épargne.

D’autres vont établir un montant en fonction de leurs revenus. Certains économistes vous dirons que l’argent gratuit n’est pas une bonne chose et qu’il est important d’y associer des motivations plus pratiques comme un petit travail de compensation du genre faire la vaisselle, ranger le garage…

Certains encore, plus privilégiés, vont donner un montant plus important et laisser l’enfant s’en débrouiller. En général c’est surtout à l’appréciation des parents que se décide le montant qui reste mensuel pour la majorité.

Par exemple ce tableau ci-dessous, selon une source belge du CRIOC 2015 qui représente une moyenne européenne de distribution d’argent de poche gratuit. Les français sont nettement plus généreux du double du tableau selon une source Ipsos.

(Centre de Recherche et d’Information des Consommateurs)

D’une manière générale, vous conviendrez que ces montants semblent peu en rapport au coût de la vie. En effet, si un enfant de primaire de 7 ans dépense son argent de poche en bonbons un pré-ado de 10 ans a déjà d’autres centres d’intérêts et moins de 5 € par mois ne risque pas de lui donner accès à grand chose.

Bien évidement tout dépend de ce que signifie l’argent de poche pour le parent qui l’attribue. Si c’est juste pour faire un geste et faire comme tout le monde cela ne donnera rien de bien constructif et en conséquence suffira. Mais si le but est de responsabiliser l’enfant en l’éduquant il va de soi que l’argent de poche doit être adapté à l’âge et au coût de la vie. L’apprentissage de l’argent est malheureusement trop ignoré du fait que déjà l’adulte est lui-même ignorant de certaines règles de gestion.

Tailler un budget avec 10 € peut être possible à 7 ans mais certainement pas à 17 ans !

Quoi qu’il en soit, plus tôt on apprendra aux enfants que l’argent c’est ni bien ni mal, qu’il n’a qu’une vocation d’échange entre les gens, plus vite on libérera les sociétés du poids des croyances erronées sur son sujet. Chacun a la capacité de créer de la richesse et souvent a plus ou moins besoin de moyens matériels pour se réaliser selon la période de sa vie et c’est l’argent qui lui servira de support pour atteindre ses objectifs.

On voit que les « besoins » changent en avançant en âge, il est donc intéressant de fixer les 4 règles de l’argent de poche intelligent.

#1 : commencer tôt avec un langage approprié

Pour commencer vers 7 ans avec des pièces en introduisant un langage approprié afin d’ouvrir l’esprit à l’enfant sur le fait que l’argent est un moyen qui permet d’obtenir des choses dans certaines limites de valeurs. Cette démarche implique qu’il faut faire des choix car on ne peut pas tout avoir. En obligeant l’enfant à s’interroger intérieurement sur ce qu’il veut vraiment, on le sensibilise à son intériorité.

Expliquer à votre bambin que l’argent de poche n’est pas un droit mais un moyen de lui apprendre à devenir plus grand. Qu’il peut donc arriver que vous ne lui en donniez pas pour des raisons justement économique mais que cela n’est pas grave du tout. Il est important en effet, que ne s’installe pas dans la tête de l’enfant que vous êtes un distributeur.

En cadrant la valeur-même de l’argent comme un outil, telle votre voiture qui vous conduit chez grand-mère, vous relativiserez son importance et ne conditionnerez pas ainsi votre rapport affectif avec l’enfant.

Repensez vous-même que l’argent a un rôle d’échange social et qu’il doit rester à sa place pour ne pas conditionner votre bien-être à sa seule présence.

#2 : accompagner son apprentissage avec des valeurs sûres

A partir de 10 ans on voit l’enfant en demande car il a besoin d’affirmer son indépendance de choix. Il aime acheter ce qui lui fait plaisir et découvrir également celui d’offrir avec son argent à lui. Laissez-le faire, il expérimente.

Vous pouvez définir avec lui le montant qui lui sera attribué à la semaine ou au mois. L’argent de poche mensuelle a un avantage sur l’aspect gestion car il oblige à mesurer la durée d’accès à sa capacité de dépense. Il préfère en général avoir plus en une fois car il n’a que la notion de dépense immédiate en tête. Dans tous les cas ne jamais succomber aux demandes de rallonge. La constance est la règle qui fonde la confiance.

De mon expérience je vous conseille de donner le goût à la création d’argent par des actions volontaires, par de petites tâches faisables selon l’âge de l’enfant. Je fais partie des experts qui valorisent la créativité et qui enseignent que l’argent n’est que le moyen de son échange. Pas question de « gagner » de l’argent, ce n’est pas un jeu. Pas question de « gagner » sa vie, l’esclavage est abolie. Il s’agit d’anoblir ces notions afin de valoriser le potentiel de l’enfant et de l’amener à comprendre l’articulation de l’argent dans ses différents aspects.

C’est le moment d’apprendre à faire des projets et d’en mesurer le prix à dépenser pour évaluer un budget. C’est le temps d’associer l’idée qu’économiser un peu d’argent chaque fois qu’il en reçoit en mettant de côté au moins 10 %, lui permettra d’envisager l’avenir différemment.

L’éducation budgétaire doit être accompagnée des notions de partage et de don aux autres. Apprendre à un enfant à donner quelques pièces jaunes à une personne qui vous sollicite dans la rue est important pour son équilibre et celui de la société dans laquelle il évolue.

#3 : développer sa responsabilité financière

Lui apprendre à dépenser utile est déjà la garantie qu’il va intégrer la valeur des choses qu’il convoite. Souvent quand arrive le collège, l’effet de mode, embarque la pensée insouciante de son jeune âge. Le rôle du parent éducateur est de remettre de l’ordre dans cette exubérance qui jaillit à l’adolescence.

La période est délicate du fait des tentations, alors attention à ce que votre jeune n’emprunte pas d’argent ou qu’il le distribue pour s’assurer la reconnaissance sociale qu’il espère. Cela arrive plus souvent qu’on peut se l’imaginer. Il doit apprendre à gérer son équilibre financier.

Si en amont l’éducation budgétaire et l’accompagnement ont était fait sérieusement, l’ado va se reprendre très vite. Pour autant, tout n’est pas qu’une question d’éducation. La personnalité joue ici un rôle majeure. Il est donc important de détecter au plus tôt les tendances de votre enfant pour ajuster votre enseignement. D’autant, que souvent il existe des différences marquantes dans une même fratrie.

L’accompagnement s’intensifie durant cette période des 13-15 ans pour lui suggérer d’autres sources de moyens financiers. Vous l’autorisez à revendre des affaires qu’il n’utilise plus, afin de recycler ses besoins. Il peut faire des petits travaux rémunérateurs, comme garder un animal de compagnie ou faire un peu de jardinage pour le grand-père…

Sa propre prise en charge aux activités extra-scolaires est un moyen efficace pour qu’il comprenne et ressente sa responsabilité financière.

#4 : l’envie de travailler et de faire son propre argent de poche vers l’autonomie

Passé 15 ans l’adolescent souhaite accéder à plus d’argent car ses désirs sont de plus en plus nombreux à combler. Il est intéressant de noter comment il envisage ses ressources. On constate qu’il cherche un petit job durant les vacances, qu’il choisit plutôt un montant qu’un objet pour ses fêtes et que sa capacité à réfléchir à ses dépenses est plus intelligente.

Il est important de ne pas intervenir sur ses choix, sauf s’il y a danger bien évidemment. Il veut être considéré comme responsable et il a le droit à l’erreur car c’est bien en faisant de mauvais choix qu’on apprend à en faire de meilleurs.

A partir de 16 ans il peut ouvrir un compte bancaire avec votre autorisation. C’est sans doute intéressant de le faire à condition de contrôler que sa gestion est correcte et le reprendre s’il n’est pas vigilant. C’est important car trop peu de personnes ne réalisent que gérer un compte bancaire est un travail d’attention. Les dates de valeurs, les autorisations de découverts (à proscrire de mon point de vue) sont autant de chausse-trapes qui vous entraînent à des frais bancaires souvent oubliés et qui constituent une source de problèmes donc de mal-être.

Apprendre donc au jeune très tôt tous les pièges bancaires et à faire usage de ces services d’une manière minimaliste afin de s’assurer la paix de l’esprit. Pour autant, l’ouverture de compte jeune avant 16 ans est trop tôt car l’enfant a besoin de rester en contact avec son argent pour véritablement le gérer correctement. Les banques font tout pour attirer dans leurs filets les jeunes pousses, aux parents éducateurs de comprendre que l’éducation de l’argent n’est pas un formatage à devenir un « sujet » au royaume des banques…

N’oubliez pas que notre miroir intérieur reflète nos valeurs à l’extérieur

Vous l’aurez compris en me lisant, l’argent de poche est une façon d’éduquer votre enfant vers son auto-détermination au travers de l’argent qu’il attire dans sa vie. Votre enfant va reproduire adulte ce que vous lui aurait appris. Comme le système financier fait partie intégrante de nos échanges, en conséquence, il peut être une source attrayante de réalisation à condition que chaque individu reste au centre de lui-même.